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Petite enfance : comment prévenir les TMS en crèche ?

50% des accidents du travail sont liés à la manutention manuelle en crèche. Les risques professionnels liés au métier de la petite enfance sont nombreux. Préserver sa santé au travail est tout à fait possible. Mais bien entendu, ça s’apprend !

Je vous emmène avec moi pour des conseils affutés de gestes et postures à adopter avec bébé ou un jeune enfant. Que vous travaillez en crèche municipale ou encore en halte garderie -)

Quelles postures adoptées pour les activités de la petite enfance ?

Les bons gestes et postures de travail constituent un véritable outil pour préserver sa santé. Il est tellement plus agréable de ne pas se plaindre du dos, profiter de son temps libre avec ses proches le soir et les week-end. Les risques professionnels sont nombreux. Je vous propose un rappel.

  1. Activité au sol

Lors de mes interventions, j’ai pu constater que les agents de la petite enfance font l’accueil des familles souvent assis au sol, pour veiller au bien-être des enfants. Dans ce cas, une assise avec dossier pour adulte, est indispensable.

Le sol ne constitue pas une matière agréable pour le corps. L’action du froid renvoie au cerveau une sensation pénible. De même que le contact du corps sur un sol froid peut entraîner une perte de chaleur corporelle. Prendre alors soin de son enveloppe est essentiel ; grâce à l’utilisation du matériel ergonomique.

2. Activité sur table

Utiliser un tabouret ergonomique pour adulte avec un bon maintien des lombaires est un investissement intéressant. La qualité de vie au travail est alors favorisée. Les chaises enfants ont été conceptualisées pour des « petits » poids. Un adulte ne peut pas se sentir à l’aise sur ces chaises. Je déconseille ces chaises même le temps d’un repas (les torsions sont souvent visibles). Le tabouret ergonomique permet de réduire les accidents du travail, prévenir les TMS et bien sûr, gagner en performance.

L’ergonomie au travail est un enjeu majeur de santé public. Il permet aux salariés de prévenir les douleurs liés au travail ainsi qu’un gain de temps incroyable.

Comment préserver la santé des agents ? 

En crèche, les professionnels adoptent, parfois de façon inconsciente, de mauvaises postures de travail. En fait, travailler à la même hauteur que les enfants a pour conséquence la multiplication des changements de postures. Assis, debout, se pencher pour ramasser les jouets.

Tous ces mouvements répétitifs de la journée entraînent une fatigue précoce de la colonne vertébrale et des membres supérieurs (bras, dos, poignets). Les préconisations et les journées santé au travail permettent de réduire les accidents du travail et les troubles musculosquelettiques. Ces conseils visent à promouvoir la santé et la sécurité de ces agents.

1.Le travail en équipe

La solidarité et l’entraide renforcent la cohésion des équipes. Elles favorisent ainsi la diminution de nos douleurs et la prévention des TMS ! Le poids du port de charge est réparti entre 2 personnes. L’épaule apparaît alors comme plus légère. Alors, dès que possible, solliciter vos collègues ! les enfants sont aussi une source d’aide précieuse. Récompenser par une belle gratitude de la part des professionnels et le tour est joué -)

Décryptage des formes de manutentions manuelles les plus utilisées dans les métiers de la petite enfance :

  • Ramassage des jouets en se baissant avec le dos droit ou utiliser une pince à objet ergonomique
  • Remplir le pack de change. Le rangement est pensé ici de façon optimale à ne pas lever le bras au-dessus du coeur.
  • Utiliser un chariot au lieu de porter des charges lourdes
  • Privilégier l’utilisation du matériel ergonomique (escalier situé au niveau de la table à langer, chariot léger etc)

2. Le rangement des jouets et du matériel

Les charges lourdes sont placées à proximité de la hauteur du bassin. Cela permet aux professionnels de préserver leur dos. Et de ne pas se baisser à 90°. Et justement, la position du chevalier servant est vraiment à valoriser, ou voir même se l’imposer à soi.

Si vous avez des douleurs importantes au niveau des genoux, l’alternance des deux postures (avec la position squat) est l’idéal. Le matériel souvent utilisé, doit se situer, entre la hauteur des épaules et les mi-cuisses. L’angle de confort est respecté. La colonne vertébrale ne souffre pas de devoir « mal » se baisser.

Les jouets peu utilisés sont à ranger dans le placard.

Pourquoi prendre conscience de sa mauvaise posture au travail est essentiel ?

Les bonnes habitudes sont très longues à mettre en place.  comment se fait-il qu’on aimerait faire plus vite, et surtout autrement ? Alors, qui est le responsable ? Et c’est bien entendu LE cerveau. Il est situé, dans une routine dorée -)

Il est important de savoir le bousculer pour reprendre de bons gestes et postures avec bébé. Quand on porte un jeune enfant dans ses bras, s’asseoir à ce moment là est essentiel. Dans le cas contraire, verrouiller ses lombaires peut facilement être réalisé. Ce qui évite la pression sur un dos penché ou trop reculé. De ce fait, la colonne vertébrale est alignée avec notre tête.

Peut-être ne pas chercher absolument et rapidement à prendre de nouvelles habitudes. Le cerveau est un grand fainéant. Il revient toujours à ce qu’il connaît. Par contre, une mauvaise posture de travail ne devrait pas en entraîner une autre -) La formation ergonomie gestes et postures est vraiment intéressante pour redonner une dynamique à vos équipes.  Les prises de conscience se font à ce moment opportun où grâce à l’analyse de vos postures et du matériel déjà investi. Tout est possible -) 

Pour conclure, il est évident que les professionnels de la petite enfance ont besoin de se faire accompagner pour préserver leur santé au travail. Des solutions adaptées existent. Le recrutement, l’image de marque employeur et le bien-être des salariés dépendent de cet accompagnement. 

Je suis Sabrina Pihan, dirigeante de l’entreprise les bonnes postures. Ergonome de formation. Je suis témoin de troubles musculosquelettiques (canal carpien, coiffe des rotateurs). J’ai longtemps cherché les causes, trouvées à l’école d’ergonomie, puis des solutions (médecine douce). J’accompagne les entreprises dans la prévention des TMS, et la lutte contre l’absentéisme (étude des organisations).