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formation ergonomie gestes et postures

Formation ergonomie gestes et postures : futile ou indispensable ?

" C'est quoi l'objectif d'une formation en ergonomie des gestes et postures, finalement ?" cette question m'a été posé par un responsable d'équipe présent à la formation que j'animais. Nous verrons les intentions visées de la formation (et ils sont nombreux), les critères principaux pour y répondre, puis le retour sur investissement.  Prêt ? C'est parti ! 

1- Quels sont les objectifs de la formation en ergonomie gestes et postures ?

Les TMS sont des problèmes de santé liés à la répétition de mouvements, à des postures inadéquates, position statique assise, ou debout toute la journée, à des efforts physiques excessifs. Ils peuvent entraîner des douleurs, des blessures et bien entendu une diminution de la productivité au travail. 

Une formation en ergonomie des gestes et postures permet aux employés de comprendre les principes de base pour adopter des positions de travail correctes, utiliser les équipements de manière appropriée et prévenir les risques de blessures. Cela inclut des conseils sur la posture, la manipulation de charges, les mouvements répétitifs et l’organisation du poste de travail.

La prise de conscience à la prévention à la santé en entreprise est indispensable pour évoluer vers une amélioration de la qualité de vie. Les salariés ont besoin de savoir pour quoi ils utilisent le matériel ergonomique mis à disposition. Parce que souvent, quand on n’a pas d’explications, la mise en place est plus compliqué.  

Lorsque le salarié a toutes les connaissances pour optimiser son poste de travail. Il devient plus efficace et productif au travail.

2- Comment réaliser une étude ergonomique ?

Vous pouvez tout à fait déléguer l’étude ergonomique de poste de travail aux responsables SST ou à un manager. Je vous propose de suivre le processus.

étude ergonomique en 4 étapes

Tout d’abord, prendre le temps de faire une visite sur chaque poste de travail pour rencontrer la personne concernée. Ensuite, j’observe la situation de travail en temps réel en comptant les efforts physiques et les mouvements répétitifs du travailleur en action. 

Ensemble, nous faisons un diagnostic de la partie visible, c’est-à-dire le travail réel. Je tiens à préciser que le travail prescrit correspond aux missions décrites sur la fiche de poste. Le travail réel, tel qu’il est fait réellement. Parfois, il existe un écart important entre ces 2 types de travail.

Continuons, à propos de la seconde étape. Il s’agit d’identifier les facteurs de risques professionnels. Quels sont les risques liés à cette activité en particulier ? 

Des réponses possibles : 

  • quelles sont les gestes et postures à adopter ? 
  • Une rotation des postes de travail est-elle possible ? 
  • Matériel ergonomique ?

Troisième étape

Ensemble, mettons en place des solutions pour éviter la posture contraignante, limiter les gestes répétitifs (avec une proposition de matériel adapté), une organisation du travail repensée. Parfois, revoir le matériel existant, comme un chariot de linge avec une suspension du robot balai est suffisant. Situation vécue, je vous assure !

Puis, les salariés sont invités à tester la nouvelle proposition. Parfois, une modification s’avère nécessaire. Un exemple concret est la fourniture de chaussures de sécurité. Nous ne sommes pas tous dotés d’un sens inné de l’adaptation. Certains préfèrent la taille haute, d’autres plus basse etc. Je pense que vous voyez ce que je veux dire. 

Quatrième étape : Le suivi. 

La dernière étape est LA plus importante. En effet, il vous aura fallu du temps et de l’énergie pour mobiliser vos équipes. Vous n’aimeriez pas que votre projet tombe à l’eau ? 

Demander des feedback sur les actions mise en place, et sa finalité. Soit pendant un temps dédié pour favoriser l’échange. Ou par le biais d’un questionnaire de satisfaction. Et vous saurez exactement, ce que pensent vos salariés du dernier projet. J’ai déjà vu des projets simples à mettre en place, avec des résultats économiques et sociaux vertigineux sur les mois qui ont suivi ce projet. Et sans évaluation ensuite, le projet meurt. Avec des accidents du travail, et des arrêts maladies, de nouveau à la hausse.

Cette étude ergonomique permet le maintien des compétences en emploi. Elle participe ainsi à l’amélioration des conditions de travail des employés. 

Une étude ergonomique s’intègre parfaitement dans la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) sur le versant social et économique.

Cette analyse est le fruit d’une concertation et d’un échange au sein des équipes de collaborateurs. Afin que mon intervention s’inscrive dans le temps, et ne reste pas qu’un lointain souvenir, des référents TMS peuvent être formés, sur la base du volontariat bien sûr.

Ces référents vont s’assurer de la transmission du plan d’action transmis par mes soins. 

3- Qu'appelle t-on maintien des compétences en emploi ?

définition maintien des compétences

Préserver son emploi avec un accompagnement à l’adaptation de son poste de travail. Mais l’idée n’est pas d’attendre d’avoir des douleurs, mais de les prévenir au plus vite. L’essentiel, pour ma part, réside dans la prévention primaire. C’est-à-dire réduire les origines des douleurs. C’est la mission que propose un ergonome ! 

Avec le maintien en emploi, je parlerai aussi de la fidélité des salariés en entreprise. Pourquoi aller chercher des profils ailleurs. Les professionnels sont là !

De nombreuses idées jaillissent (dans ma tête !) et ont déjà fait leur preuve. Restez encore un peu, je vous donne des exemples concrets, faciles et peu coûteux.

  • Mensualiser les rencontres entre anciens et nouveaux salariés.

Cela ressemble au Saint Graal.  Pourtant un petit déjeuner ou un afterwork par mois pour accueillir les nouveaux arrivants dans votre entreprise est vraiment apprécié par les travailleurs, et les dirigeants. Nous vivons à une époque où l’humain recherche le lien, la connexion et le partage. L’entreprise a aussi un rôle à jouer en terme de motivation, d’efficacité au travail. Un rdv régulier court et ponctuel peut être inscrit dans l’agenda.

  • Sortie team building pour renforcer les liens entre les collaborateurs.

Finalement, rien ne sert de courir après une idée fabuleuse ou gigantesque. La simplicité est toujours de mise -)

Une dernière idée dans mon chapeau. De loin, la plus simple.

Que veulent les salariés ?

Peut-être que les idées sont déjà présentes. Je remarque que les responsables, rh et dirigeants d’entreprises sont forces de propositions pour remettre la dynamique et créer de la confiance au sein des équipes.

  • Osez parler !

Un vote à main levée, si le moment le permet, est aussi très pertinent.

  • La semaine qvt
  • Journées santé au travail

Ces temps opportuns et « thématiques » permettent de nous recentrer sur l’agenda. Ils créent un argument indéniable pour redonner le pep’s et le côté vivant à l’entreprise.

Les outils d’onboarding sont relativement nombreux. Mais comment les utiliser de façon efficace ?

Un sondage sur whatsapp. Des thématiques de sorties sur slack. Le recyclage des évènements qui ont bien plu est clairement encouragé.

En investissant dans la formation professionnelle, les employeurs démontrent leur engagement envers la santé et la sécurité de leurs salariés. Cela peut largement contribuer à réduire les accidents du travail, les arrêts maladie et les coûts associés. De plus, des employés en bonne santé et à l’aise dans leur environnement de travail sont plus susceptibles d’être productifs et satisfaits de leur emploi. Les salariés travaillent ensemble, se sentent davantage solidaires. 

Les liens se renforcent. J’ai aussi pu témoigné d’élans de réciprocité entre les salariés et leur employeur.

En conclusion, la formation en ergonomie des gestes et postures est loin d’être futile. Elle est même un enjeu de santé publique pour prévenir les TMS, promouvoir la santé des travailleurs, maintenir les compétences des salariés en emploi. D’ailleurs, j’ai dédié une page à cette formation. Je vous laisse le soin de jeter un oeil -) Ce qu’on peut retenir; un salarié épanoui au travail est un salarié qui améliore, de façon constante, son efficacité et sa productivité au travail.

Je suis Sabrina Pihan, dirigeante de l’entreprise les bonnes postures. Ergonome de formation. Je suis témoin de troubles musculosquelettiques (canal carpien, coiffe des rotateurs). J’ai longtemps cherché les causes, trouvées à l’école d’ergonomie, puis des solutions (médecine douce). J’accompagne les entreprises dans la prévention des TMS, le recyclage des gestes et postures, et la lutte contre l’absentéisme.